Mets toute ton âme
Dans ta parole
Jette-toi à corps
perdu
Dans l’océan de
flammes
Ton sang est une encre
rouge
Ouvre la veine de la poésie
Et rends jusqu’à ta
dernière goutte
Que pisse ton sang
d’homme
Sur les draps de la
lumière !
Lacère le silence
Déchire tes lèvres
Et pleure ta grandeur
Ta face misérable
Sur la mer blanche
Sois l’assassin
Et du jour et de la
nuit
Que tout meure en toi
Pour renaître
Crache l’eau noire de
ta bouche
Sur les pâles cuisses du papier
Ecris jusqu’à nourrir
les mouches ;
Laisse s’ouvrir le
fruit qui doit saigner
Que ta parole soit
marteau
Et le monde une
enclume ;
N’épargne pas ta peau
Ne retiens pas ta
plume
Sois la fièvre jaune
Et la peste
noire
Aux lâches ne fait
nulle aumône :
Sois le tesson du
miroir.
© Thibault Marconnet

