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samedi 18 novembre 2017

Dans les yeux du paon : “Taos” (López/Petrakis/Chemirani)



Dans la belle langue grecque, “taos” (ταώς) signifie “paon” ; et ce titre donne la mesure du nouvel album envoûtant des trois grands musiciens que sont Efrén López, Stelios Petrakis et Bijan Chemirani. À travers onze morceaux, tous plus enivrants les uns que les autres, les trois hommes nous offrent à imaginer la roue merveilleuse d’un paon qui nous fixerait de tous ses yeux. Jetez dès à présent vos vieilles boussoles, car cette musique vous fera perdre toute notion du nord, du sud, de l’est et de l’ouest. Un seul point cardinal en vue : celui de la soif qui nous pousse à vivre envers et contre tout, en quête d’une fontaine de jouvence à laquelle nos lèvres desséchées pourront boire ; afin de poursuivre jusqu’au bout notre pèlerinage terrestre pour retrouver la source de vie et ses multiples facettes. Dans cette méharée fantastique à travers des contrées inconnues, il suffit de se laisser guider en toute confiance. N’ayez nulle crainte : vous êtes en fort bonne compagnie. Sous les doigts agiles de ces trois alchimistes, les mélodies se font paysages, couleurs et sensations charnelles. “Taos” est une prodigieuse invitation à l’extase d’un voyage vers de nouveaux territoires : dans la “douceur de l’amour” (“Siranush”) et des “jours de silence” (“Imeres siopis”) se déploie le vol fragile d’une “libellule(“Helicobtir”) aux ailes “bleues et jaunes” (“Shin u zer”). Et le plomb du quotidien qui pèse sur nos épaules se change alors en un léger nuage d’or.

© Thibault Marconnet
le 18 novembre 2017




Efrén López, Bijan Chemirani et Stelios Petrakis

mardi 19 septembre 2017

Stávros Xarchákos - Rebetiko (1983)




Cette musique m'enivre, me remue, me déchire le cœur. J'ai l'impression de la connaître depuis très longtemps, comme si elle coulait dans mes veines... Peut-être est-ce avec mon lointain ancêtre grec, que j'entre en dialogue dans l'écoute de ces chants. C'est l'âme de la Grèce interlope et nocturne qui se manifeste pour moi dans ces rebetiko, où souteneurs, prostituées et fumeurs d'opium se coudoient dans la blancheur des nuits qui semblent n'avoir pas de fin.

© Thibault Marconnet 
Le 19 septembre 2017

Georg Alexander Mathéy, “L'île de Poros en fleurs”


Georg Alexander Mathéy, “La cité de Mystrás dans le Péloponnèse”


























vendredi 7 juillet 2017

Rodolphe Buger - Morceau inédit (Live Le Pont des artistes - 2017)

Rodolphe Burger - Morceau inédit (Live Le Pont des Artistes - 2017) : 



Je veux une gouine comme président
Je veux un pédé comme vice-président
Et je veux quelqu'un qui n'a pas de mutuelle comme président
Je veux un président qui ne soit pas juste un moindre mal
Je veux un président sans air conditionné
Je veux un président qui a déjà fait la queue à l'hôpital
Je veux un président qui a été au chômage
Je veux un président qui s'est déjà fait virer
Je veux un président qui a connu le harcèlement sexuel
Qui a connu l'homophobie
Je veux un président qui a connu la déportation
Je veux un président qui a connu l'amour et la souffrance
Je veux quelqu'un qui respecte le sexe
Je veux quelqu'un qui a commis des erreurs
Et qui en a tiré les enseignements
Je veux une femme noire comme président
Je veux quelqu'un qui a de mauvaises dents
Je veux quelqu'un qui a connu la mauvaise bouffe d'hôpital
Je veux quelqu'un qui s'est déjà travesti
Je veux quelqu'un qui a pris de la drogue
Je veux quelqu'un qui a été en analyse
Je veux quelqu'un qui a déjà pratiqué la désobéissance civile
Et je veux savoir pourquoi cela n'est pas possible
Et je veux savoir pourquoi depuis toujours et sur toute la ligne
Un président est toujours un clown
Toujours un micheton et jamais une pute
Toujours un patron et jamais un ouvrier
Toujours un menteur et toujours un voleur
Qu'on n'attrapera jamais


Rodolphe Burger


Rodolphe Burger (© Photo : Julien Mignot)

jeudi 6 juillet 2017

Florent Marchet - Qui je suis

Hans Wulz, Der Bettler (Le Mendiant), 1949

Florent Marchet - Qui je suis


Il est bon de se rappeler, comme le fait avec beaucoup de sensibilité Florent Marchet, qu'il existe des hommes et des femmes qui n'ont rien et dont la vie compte - ou devrait compter - tout autant que celle des autres. La réussite : combien ce mot sonne creux dans la bouche d'un monarque républicain méprisant et prétentieux... Merci à Florent Marchet pour cette chanson poignante.

Qui je suis

Pas d’adversaire
De concurrent
De plan de carrière
De liens du sang
De comptes à rendre
De rendez-vous
De choses à vendre
Pas de joujou
Pas de tanière
Et pas d’argent
Pas de manière
Pas de pansement
Pas de vacances
Pas de travail
D’adolescence
Et pas de bail
Pas de printemps
De réveillon
Je sais pourtant
C’est pas si con
Pas de télé
Pas de limite
Pas de bébé
De réussite

Il y a tellement d’étoiles
Sous mon ciel hivernal

Qui je suis ?
Dis-moi qui je suis ?
Qui je suis ?
Dis-moi qui je suis ?

Pas de coutume
De compte en ligne
Pas de costume
Je reste digne
Pas de séchoir
Sous l’abribus
De cours du soir
Pour gagner plus
Pas de vitrine
Et sans filet
Sans vitamines
Au déjeuner

Je parle à mon sac à dos
J’en fais même un peu trop

Qui je suis ? Dis-moi qui je suis ?
Qui je suis ? Dis-moi qui je suis ?

Pas de portable
De livret A
Tout seul à table
Et sous les draps
Pas de chauffage
D’admirateurs
Je n’ai plus d’âge
Et je fais peur
Pas de baignoire
Et pas d’humour
Pas d’antivol
Quand vient le jour

Je cherche dans les poubelles
De l’amour fraternel

Qui je suis ?
Oublie qui je suis
Qui je suis ?
Oublie qui je suis…

Florent Marchet (Photo : DR)

dimanche 30 octobre 2016

So long, Leonard : “You Want It Darker”



Ce nouvel opus de Leonard Cohen est totalement envoûtant et déchirant. Nous pouvons entendre les derniers pas d'un vieil homme qui jette un coup d'œil ironique et nostalgique sur les joies éphémères et les blessures de son passé, les êtres perdus et ardemment aimés, comme son grand amour Marianne Ihlen. Après une longue traversée au cœur des ténèbres, transpercée par instants de quelques éclairs, Leonard Cohen est maintenant prêt à refermer le livre de sa vie pour de bon : il a fait ce qu'il avait à faire. J'aimerais le remercier de tout cœur pour la beauté et les émotions qu'il a données à ses auditeurs durant toutes ces années. Ça n'a pas de prix. La flamme de cet homme survivra à son corps au moment du départ, car le feu sacré qui l'a habité ne sera pas perdu : ceux qui aiment passionnément son œuvre en sont déjà marqués et ne laisseront pas filer cette lumière. L'année 2016 est décidément un millésime de grande qualité en ce qui concerne la musique : l'ultime album de David Bowie (Blackstar) qui a paru au tout début de janvier, celui de Nick Cave (Skeleton Tree) au mois de septembre, et à présent celui du grand Leonard Cohen (You Want It Darker) qui nous arrive juste avant les frimas de l'hiver. J'en oublie certainement, mais si je devais n'en retenir que trois en 2016 ce seraient incontestablement ceux-ci. Ces hommes-là n'ont plus rien à perdre et ils se confient comme jamais. Leurs cris du cœur mordent à même l'âme.


© Thibault Marconnet
le 30 octobre 2016


Leonard Cohen (1934-2016), transformer le noir en lumière : Une vie, une oeuvre (France Culture) : 




Leonard Cohen © Adam Cohen

mercredi 29 juin 2016

Pascal Bouaziz, portrait d'un caméléon en chanteur



Pascal Bouaziz n’en finira pas de nous étonner. Après le corrosif et misanthropique album de sa nouvelle formation Bruit Noir, paru en 2015 – un régal d’humour noir et d’autodérision –, le fondateur de Mendelson nous revient avec des “haïkus” bien personnels. Ici, pas de sensation d’oppression ou d’étouffement, comme ce pouvait être le cas pour le long morceau de presque 55 minutes intitulé “Les heures” ; et qui occupe à lui tout seul le deuxième disque du triple album “Mendelson” paru en 2013. Avec “Haïkus”, Bouaziz respire plus amplement et prend son temps pour nous accompagner dans son univers poétique.

Il a voulu tomber le masque et se présenter à nous en toute simplicité, « honnêtement » comme il le dit lui-même lors d’un entretien accordé à France Culture le 17 juin 2016, pour l’émission “Poésie et ainsi de suite”. Et plutôt que de nous parler comme il sait si bien le faire, avec cette voix caressante et feutrée même lorsqu’elle énonce des horreurs, Pascal Bouaziz a décidé de chanter. D’ailleurs, « chanter est façon d’être nu » ainsi que le suggère Jean-Louis Murat dans les paroles de “Chanter est ma façon d’errer”. Au cours de cet entretien radiophonique, Bouaziz explicite ce besoin de se “découvrir” : « Dans les hétéronymes ou dans les pseudonymes, il y a des manières d’être beaucoup plus libre, de dire les choses beaucoup plus crûment et beaucoup plus fortement ; on a recours au pseudonyme pendant longtemps pour s’aider à advenir à soi-même, à être soi-même. Et, au bout d’un moment le pseudonyme tombe de lui-même, comme si le masque qui nous aidait à être sur scène devenait trop collant sur la peau et qu’on avait envie de l’arracher pour pouvoir respirer plus librement. » « Take the blue mask down from my face and look me in the eye », dixit Lou Reed. Au moins, une chose est sûre et certaine, Pascal Bouaziz ne fera jamais d’album avec Metallica (petit clin d’œil au morceau “Joy Division”, qui figure dans l’opus de Bruit Noir).

En quelques touches, Bouaziz nous offre à voir des paysages intimes issus du quotidien. Son écriture s’est adoucie : elle semble à présent effleurer les choses et les êtres, les caresser même. Et bien que parfois il « embrasse une joue qu’il préférerait arracher », il nous reste au moins le « miracle de la vie civilisée » pour éviter de s’entre-dévorer les uns les autres. De lycanthrope, Bouaziz ne s’est pas fait doux agneau pour autant. Çà et là son ironie affleure, comme le sourire d’un homme fatigué qui a malgré tout « encore envie de vivre. » Et ça, c’est une très bonne nouvelle !
Bruit Noir dressait le constat d’un dégoût viscéral du monde tel qu’il va, le tout contrebalancé fort heureusement par un humour irrésistible. Avec “Haïkus”, les barres HLM sont tombées pour laisser la place à un monde où, même « avec la peur ancienne, nouvelle et éternelle » collée au ventre, il est possible de « rester dans la lumière » ; ce qui est peut-être même indispensable.
Et Bouaziz de se laisser presque aller à « croire en l’être humain ». Autant dire que nous sommes bien loin de l’univers sombre et terrible de la chanson “Le sens commun”, qui figure sur “Personne ne le fera pour nous”.
La couverture de l’album “Haïkus” semble évoquer une espèce de gros bloc de bitume, que l’on imaginerait volontiers lancé à toute volée dans la vitrine d’une réalité amère et dégueulasse. À moins qu’il ne représente la réalité elle-même. En ce cas, il suffit parfois d’apposer par-dessus un tampon rond et doré pour adoucir un peu la violence de notre monde.

Dans la suite de l’entretien donné sur France Culture, Pascal Bouaziz évoque le parlé-chanté :

« Le parlé-chanté, ça vient du fait qu’on ne peut pas chanter n’importe quoi sans être ridicule. Il y a des chansons qui doivent être parlées-chantées, et donc éloigner le lyrisme, l’enthousiasme qui est forcément impliqué par le chant ; même la volonté de faire joli qui est une très belle préoccupation. Et il y a certains textes qui ne peuvent pas s’embarrasser de cette préoccupation parce que ce serait malhonnête. Le chant, ça peut être malhonnête. Il faut faire attention avec le chant. Je cite souvent cet exemple de Brel : dans une chanson que j’aime beaucoup, qui s’appelle “Ces gens-là”, il y a tout le début où il fait la description d’une famille et il ne peut pas la chanter cette description, il la dit. Et c’est seulement à la fin, quand il rêve de sa vie future, imaginaire et impossible avec son amour Frida que, là, il se laisse aller au chant dans une sorte d’espérance lyrique. Pour la description très noire et très crue de cette famille catastrophique – la famille de Frida –, il ne peut pas le faire et c’est tant mieux qu’il ne le fasse pas. On ne peut pas tout chanter. Et là, en l’occurrence (concernant l’album “Haïkus”), c’est des chansons qui pouvaient être chantées, donc ça me faisait très plaisir de pouvoir me laisser aller à chanter des choses. Le chant est un plaisir très sensuel, c’est presque impudique d’en parler. »

Il y a des choses qui sont faites pour être chuchotées, et ce sont « les plus belles ». Peut-être aussi « les plus simples », si l’on en croit Gabriel Yacoub. Après le bruit vient le chuchotement des choses. Et le silence qui suit est d’or, bien entendu.

Pascal Bouaziz, « Haïkus », Ici D’ailleurs, 2016.


© Thibault Marconnet

le 29 juin 2016







Pascal Bouaziz © Emmanuel BACQUET

lundi 27 juin 2016

✟ Adieu Dantec... ✟







Schizotrope, - réunion du musicien de l'électronique Richard Pinhas (fondateur de Heldon) et de l'écrivain Maurice G. Dantec -, est un projet musical axé autour de textes du philosophe Gilles Deleuze. L'album “Le Plan” (dont est issu ce morceau) a paru en 1999. D'autres écrits viennent se greffer à l'opus de Schizotrope, comme ici le poème qui ouvre le roman “Les Racines du mal” de Maurice G. Dantec. 
Les photographies qui illustrent ce morceau sont des prises de vues différentes d'une seule et même oeuvre de l'artiste contemporain Anish Kapoor : “Untitled”, 2002 (Polished stainless steel and lacquer).

Photographies : Thibault Marconnet

Electronics, voice : Maurice G. Dantec
Guitare : Richard Pinhas

[Texte : Maurice G. Dantec]

Dans le Bus des ténèbres
tout le monde disparaît
sans laisser plus de traces
que des pas dans la glace.
Dans la Maison des Miroirs
même les ombres supplient qu'on les tue
de peur de voir ce qu'il y a en face.
Le monde est le cauchemar
d'un champignon qui rêve d'étoiles et d'ordures.
Nos rêves sont des livres en feu
mais nos chemises sont raidies par la glace.
Nous pissons contre des vitrines vides
où un mannequin solitaire nous regarde.
Nous sommes des machines de viande
déjà prêtes pour l'abattoir.
Mais le soir, quand le soleil décline
sur l'horizon en feu,
nous barbotons comme des gosses
dans la lumière et nous essayons 
de percer les secrets de notre condition.
Parfois il nous arrive même de saisir
la nuance entre la vérité et le mensonge.



Maurice G. Dantec

mardi 1 décembre 2015

Mahmoud Darwich : Nous aussi, nous aimons la vie







Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.
Nous dansons entre deux martyrs et pour le lilas entre eux, nous dressons un minaret ou un palmier.

Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.

Au ver à soie, nous dérobons un fil pour édifier un ciel qui nous appartienne et enclore cette migration.
Et nous ouvrons la porte du jardin pour que le jasmin sorte dans les rues comme une belle journée.

Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.

Là où nous élisons demeure, nous cultivons les plantes vivaces et récoltons les morts.
Dans la flûte, nous soufflons la couleur du plus lointain, sur le sable du défilé, nous dessinons les hennissements
Et nous écrivons nos noms, pierre par pierre. Toi l’éclair, éclaircis pour nous la nuit, éclaircis donc un peu.

Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.

1986

Mahmoud Darwich
(in La terre nous est étroite et autres poèmes)
Traduction française : Elias Sanbar


Oeuvre d'Ernest Pignon-Ernest située à Jérusalem, portrait de Mahmoud Darwich (poète palestinien)

vendredi 20 novembre 2015

Lettre à Rūmī

Djalāl ad-Dīn Muhammad Rūmī




« Élève tes mots, pas le son de ta voix. C’est la pluie qui fait pousser les fleurs et non le tonnerre. »
Djalāl ad-Dīn Muhammad Rūmī

           
                        Cher Rūmī,

Peut-être es-tu auprès de tes frères derviches à tournoyer dans la nuit du vin et le feu de la danse pour célébrer la musique des planètes et la ronde des atomes. Quoi qu’il en soit, je t’espère en paix. Ici, les ennemis de l’Homme continuent de tuer et d’éclabousser le soleil de sang. Apôtres de la destruction, leur seul véritable cri de ralliement est : « Vive la mort ! » Ils ne savent même pas qui tu es, quels furent ta sagesse et ton amour, toi le maître soufi, l’homme de paix, le poète du cosmos et le chantre du divin en l’Homme. Que tu sois du XIIIe siècle importe peu : un vivant tel que toi ne meurt pas. Je ne sais où cette lettre te parviendra, sur quelle route poussiéreuse et sous quelle lune, mais je fais confiance aux étoiles d’où nous provenons tous : elles sauront l’acheminer jusqu’à toi.
Un écrivain grec du XXe siècle et que tu ne connais peut-être pas, Níkos Kazantzákis, a écrit quelque part : « Nous humanisons Dieu au lieu de déifier l’Homme. » Voilà qui devrait trouver résonance en toi. À l’heure où je t’écris, beaucoup de peuples vivent dans la peur, la douleur et la peine car les assassins sans foi rôdent et sèment la mort partout où ils le peuvent. Tu dois certainement avoir le cœur déchiré face à une telle ignominie. Le mystique Hallâj, que tu admirais, avait déjà été condamné à mort en son temps parce qu’il avait proclamé en place publique : « Je suis la Vérité (Dieu) ! » Superbe intuition de poète, qui a su relier le Ciel à la Terre dans la compréhension que le créateur et la créature ne font qu’un ! Et la poésie, fille sauvage et libre qui se rit de tous les dogmes religieux, sera toujours une insulte pour ceux qui aiment détruire. Car elle est, au sens le plus ancien, l’acte de créer par excellence.
Vénérable Rūmī, si je m’adresse à toi c’est pour te remercier de tous ces fruits de beauté, toutes ces semailles de lumière que tu as prodigués à tes frères et sœurs en humanité. Pour ma part, je ne suis pas croyant mais je suis pour la liberté de chacun à vivre pleinement sa foi. Et je suis fatigué, assommé par les adversaires de l’humanité qui prennent plaisir dans le meurtre de leurs semblables. Pour parler vrai je me moque bien qu’il y ait ou non des dieux, car ce que je sens au plus profond de ma chair c’est que l’Homme doit retrouver, ici et maintenant, sa place au centre du Soleil.
La paix soit sur toi, cher prince des poètes et digne fils des étoiles.
Puisse-t-elle également régner un jour en nos cœurs meurtris.
Fraternellement, je te salue.

Thibault


© Thibault Marconnet

le 20 novembre 2015


« Le Cantique des oiseaux » d’Attar – « Sceau salomonique », vers 1645

jeudi 27 août 2015

L'homme-question (dessin au feutre)

Thibault Marconnet, L'homme-question (dessin au feutre), 04 août 2015


Jean-Louis Murat - Qu'est-ce qu'au fond du coeur

https://www.youtube.com/watch?v=ZSEQKCedeRM

“Qu'est-ce qu'au fond du feu
au fond du feu là-bas
qui livre bataille à la nuit
Qu'est-ce qu'au fond du feu
au fond du feu là-bas
comme tout y pense et oublie...”